L’installation de l’Assemblée permanente des Chambres de métiers, le 8 décembre dernier, a vu la main mise d’un clan, l’UPA, sur l’établissement public chargé de représenter les intérêts généraux de l’artisanat. Un clan certes majoritaire mais qui, au vu des résultats des dernières élections et du taux de participation le plus faible de l’histoire de l’artisanat (18%), a été élu par 10% des artisans. Pitoyable lorsque l’on prétend en être l’unique représentant.
Cela n’est pas pour nous étonner car nous sommes habitués au dogmatisme et à l’intolérance de cette organisation. Mais il est évident que cette pratique n’est pas à la hauteur de la réforme mise en place par les pouvoirs publics.
L’APCMA a vu ses prérogatives considérablement renforcées. C’est en soi une bonne chose pour qu’une tête de réseau puisse exercer pleinement son action. Mais mettre ce nouveau pouvoir au service exclusif d’intérêts partisans, méprisant le pluralisme et l’expression des artisans est une faute grave.
« Artisans de notre avenir » a remporté 19 Chambres de métiers, dispose de 25% des administrateurs, mais d’aucune voix au sein de l’instance censée représenter les chambres de métiers. En se transformant en succursale de l’UPA, l’APCMA met au jour un problème récurrent dans les Chambres de métiers : la consanguinité entre des établissements publics et des syndicats privés. Est-il sain de voir des organisations professionnelles hébergées par des Chambres de métiers ? Est-il normal que certaines organisations professionnelles aient fait du stage préalable à l’installation un outil de recrutement, souvent avec la bienveillance de la Chambre ? Ne faudrait-il pas que les financements d’actions pilotées par les organisations professionnelles soient mieux justifiés et évalués ?
Cette situation est grandement responsable de la défiance des artisans vis-à-vis des Chambres de métiers. Les pouvoirs publics doivent y remédier rapidement sous peine de voir disparaitre la légitimité de ce réseau consulaire pourtant indispensable.


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